
Roman historique · One shot
Les filles d'Antigone
« O nome é o nosso túmulo. Le nom est notre tombeau. »
Une note manuscrite, saisie par la police politique de Salazar en janvier 1941. Soixante-neuf ans plus tard, Sofia découvre que cette phrase a été écrite par sa grand-mère, celle dont personne ne prononce le nom.
Résumé
Certains secrets de famille sont des tombes. Sofia a décidé de les ouvrir.
Dans la famille de Sofia, certains noms ne se prononcent pas. Certaines chambres restent fermées. Certaines photographies n’ont pas leur place dans les albums.
Jusqu’au jour où, au fond d’un carton, elle trouve le visage d’une inconnue qui est le sien, trait pour trait, regard pour regard. Au dos : Quinta da Luz, Leiria. Août 1937. Inês. Sa grand-mère biologique, celle dont personne n’a jamais parlé.
À deux mois de son mariage, Sofia part au Portugal sur les traces de cette femme effacée. Des archives de la police politique aux registres paroissiaux, de la Lisbonne d’aujourd’hui au pays muselé de Salazar, elle remonte une histoire que trois générations ont enfouie ; une histoire d’amour brisé par la dictature, de secrets transmis et d’autres ensevelis, de mères qui ont tout fait pour que leurs filles n’aient pas à savoir.
Mais Sofia est de celles qui ne savent pas laisser les morts tranquilles.
À travers le destin croisé de quatre femmes liées par le sang et le silence, Les Filles d’Antigone explore ce que l’on hérite sans l’avoir choisi : les visages, les colères, et parfois, le courage de regarder enfin l’histoire en face.
Un roman à double temporalité, entre le Portugal de la dictature et l’enquête d’une petite-fille d’aujourd’hui, nourri d’un minutieux travail de documentation historique.
Extrait
Dans la poche de ma veste, la photographie pèse comme une pierre.
Je l'ai trouvée il y a six mois, en fouillant dans les cartons du grenier pour préparer l'album de notre mariage. Une tâche innocente qui aurait dû le rester : rassembler les visages de nos familles, tisser la toile de nos origines pour la présenter aux invités, aux témoins, à l'avenir. Mais entre les clichés jaunis des étés à Coimbra, des communions et des baptêmes, il y avait elle.
Au dos, une écriture soignée : Quinta da Luz, Leiria. Août 1937.
Elle me ressemble, tant que mon cœur s'est arrêté lorsque j'ai trouvé le tirage. On dirait moi, ai-je songé en l'observant. En réalité, c'est plutôt moi qui lui ressemble.
Inês. Ma grand-mère biologique, celle dont personne ne parle.
Les fils de l'histoire